TikTok et Instagram suppriment le #anti2010 à l'origine du harcèlement de certains élèves de sixième

Les vidéos insultant ou menaçant des élèves de sixième ne sont plus mises en avant, bien qu'elles restent pour l'heure visibles grâce à une recherche spécifique. Le phénomène prenait de l'ampleur depuis quelques jours et le ministre de l'Éducation a demandé aux principaux des collèges de renforcer leur vigilance.
Conflit de générations. C'était une réaction attendue, alors que les plateformes sont régulièrement épinglées pour leurs manquements dans la modération des contenus haineux. La plateforme TikTok a pris vendredi une première mesure pour stopper la campagne de harcèlement (encourageant insultes et menaces), contre certains élèves de sixième nés en 2010, menée par certains camarades plus âgés. Le réseau social chinois a supprimé tous les résultats de recherche liés au hashtag #anti2010, qui a explosé sur ce réseau social ces derniers jours, qui comptait 40 millions de vues ce vendredi matin.
Un mot-dièse visionné plus de 40 millions de fois
TikTok étudie "chaque vidéo à titre individuel afin de déterminer si elles enfreignent son règlement, et les supprimer le cas échéant" a expliqué le réseau social à BFMTV. Elles ne sont donc pas encore supprimées, mais l'algorithme ne les priorise plus. Par ailleurs, d'autres mots-dièse de cette campagne de harcèlement, tels que #anti2010cancer, #brigadeanti2010cancer restent actifs.
"Cette phrase peut être associée à un comportement ou du contenu qui enfreint nos consignes", écrit TikTok lorsque l'utilisateur tape "anti2010" dans la barre de recherche. Des comptes y faisant référence réussissent toutefois à contourner cette nouvelle règle en ajoutant un ou plusieurs mots. Le hashtag #anti2010 n'est plus consultable non plus sur Instagram, mais des comptes comportant la mention "anti2010" y sont toujours disponibles, comme sur Snapchat. Il est en revanche toujours entièrement consultable sur Twitter et Facebook.
Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.
Pour afficher ce contenu TikTok, vous devez accepter les cookies Publicité.
Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
L'explosion du phénomène sur le jeu Fortnite
Le bizutage des élèves de sixième par leurs ainés est un phénomène connu au collège, mais il n'avait jamais pris une telle ampleur sur les réseaux sociaux. Les 5ème, 4ème et 3ème critiquent leurs cadets sur leur style vestimentaire, leurs goûts et en particulier leur passion pour le pop-it, ce jouet en silicone constitué de bulles multicolores qui a fait un carton cet été.
Selon Yasmina Buono, fondatrice de Net respect, association qui œuvre pour la protection des jeunes en ligne, "l_es commentaires [haineux] liés aux [jeunes nés en] 2010_ existent depuis quelques temps, 2019. Puis le phénomène s'est amplifié ces derniers mois", avec l'émergence du mot-clé #anti2010. Tout est parti, explique-t-elle, d'une querelle sur le jeu Fortnite. "Il semble que certains codes du jeu n'aient pas été respectés par certains jeunes nés en 2010, et que leur comportement aurait agacé les plus grands, qui ont voulu leur donner une leçon."
Depuis, les vidéos se sont multipliées sur les réseaux sociaux : moqueries, appels à la haine, menaces… Dans l'une d'elles, on voit par exemple des personnages de jeux vidéos charger des armes pour aller combattre. En dessous en légende, un message qui ne trompe pas : "les 2007 et 2008, quand ils voient les 2010 à la rentrée". Beaucoup de contenus sont associés à la violence et aux armes.
Critique de leurs références culturelles
Le phénomène a connu un rebond début août quand une jeune influenceuse, Pink Lily, a sorti une chanson sur YouTube où elle déclare, avec une amie, qu'elles sont les "Queens de 2010". Le clip, très coloré, a cristallisé les tensions vis-à-vis des enfants nés en 2010. "Les jeunes, quand ils qualifient les 2010, disent que ceux-ci veulent jouer aux 'grands', alors qu'ils n'ont que neuf ou dix ans, et ça les agace fortement", explique Yasmine Buono à France Inter. Beaucoup de comptes ont tourné en dérision le pop-it, ce jouet en silicone constitué de bulles multicolores qui a fait un carton cet été.
Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.
Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Du monde virtuel aux cours de collèges
Avec la rentrée, le harcèlement "anti-2010" est arrivé dans les cours du collège. Plusieurs témoignages de jeunes, victimes d'intimidation et d'insultes, ont été relayés ces derniers jours, comme celui de Julie à la Voix du Nord. Des frères et sœurs plus âgés se sont indignés sur Twitter de ces comportements.
Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.
Pour afficher ce contenu X (anciennement Twitter), vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.
Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
"Ce que ça révèle, c'est que pour les jeunes générations, il n'y a pas de différence entre vie en ligne et vie réelle. La frontière n'existe que dans le monde des adultes, qui pensent que tout ça est en ligne et n'a pas de réel existence", analyse Yasmine Buono.
Le ministre de l'Éducation réagit
La Fédération de parents d'élèves FCPE a ensuite publié un communiqué demandant au gouvernement d'"agir en urgence" pour protéger ces jeunes victimes "de campagnes d'insultes, de harcèlement et de cyberharcèlement".
Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a écrit aux chefs d'établissement de collèges, leur demandant de "renforcer la vigilance" contre le harcèlement. Il a également publié une vidéo sur Twitter où il appelle les collégiens à accueillir avec bienveillance leurs cadets, proposant un contre-hashtag : #BienvenueAux2010.
Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.
Pour afficher ce contenu X (anciennement Twitter), vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.
Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Références