Renforcer la biosécurité dans les élevages de porcs et de sangliers
Porcin
Dernière mise à jour le 18 février 2025
L’Etat consacre 2 millions d’euros pour améliorer la protection sanitaire des élevages. Objectif : 600 auditeurs formés et 3 000 audits réalisés.
Le 10 février 2025
Un dispositif animé et coordonné par l’Association nationale sanitaire porcine (ANSP)
Représentation des zones réglementées de peste porcine africaine en Europe au 19/12/2024 (source : site de la Commission européenne)
La Direction générale de l'alimentation (DGAL) va financer sur les 12 prochains mois 3 000 audits chez les éleveurs de porcs "petits détenteurs" ayant commercialisé moins de 1 000 animaux en 2023 et n’ayant jamais eu d’audit ou ayant eu un audit antérieur au 1er janvier 2022. Tous les éleveurs de sangliers sont aussi concernés par cet audit. Les éleveurs éligibles ont été informés courant janvier par courrier postal et par mail afin de présenter le dispositif et les inciter à prendre contact avec leur vétérinaire. Les audits sont gratuits pour les éleveurs. Les résultats des audits seront transmis à l’ANSP (Association nationale sanitaire porcine), à la DGAL et au vétérinaire sanitaire de l’élevage.
En parallèle, la formation de 600 auditeurs à l’outil Pig Connect Biosécurité sera également financée par la DGAL. Ce sont les vétérinaires qui sont ciblés pour suivre ces formations et réaliser les audits. En cas d’indisponibilité du vétérinaire, d’autres intervenants tels que les techniciens des groupements, des GDS ou des Chambres d’agriculture pourront également réaliser ces audits, sous réserve d’avoir été formés pour faire ces audits.
Ce dispositif fait partie du plan national pour prévenir l’introduction et la propagation de la FPA (fièvre porcine africaine) qui comprend une vingtaine d’actions.
En Pays de la Loire
Les audits "biosécurité" ont été réalisés depuis 2020 dans 66 % des sites d’élevage qui correspondent à 85 % de la production (chiffres au 5 décembre 2024 ; source ANSP). A l’échelle nationale, ce sont 52 % des sites pour 88 % de la production, principalement dans les élevages adhérant à une organisation de production bénéficiant ainsi d’un encadrement technique et sanitaire régulier.
L’audit Pig Connect Biosécurité a été développé par l’ANSP avec l’IFIP et la SNGTV (Société nationale des groupements techniques vétérinaires). Il compte 66 questions réglementaires portant sur l’arrêté ministériel du 16 octobre 2018. Il permet d’évaluer le niveau de biosécurité de l’élevage. L’objectif final de cet audit est de co-construire un plan de progrès entre l’éleveur et l’auditeur. Il s’agit d’accompagner les éleveurs pour la mise en conformité de leur site avec des actions concrètes à mener, notamment sur les investissements structurels (SAS, zonage…) et le respect des règles d’hygiène (marche en avant, changement de tenue, …).
Le Comité régional porcin des Pays de la Loire relaiera au fur et à mesure les informations de l’ANSP auprès des détenteurs de la région.
Pour rappel, dans notre région, le PCAE Elevage peut être utilisé sur les investissements "biosécurité" : locaux sanitaires, clôtures, zone équarrissage. Sur ce type d’investissement, le plafond peut atteindre les 100 000 € (au lieu de 80 000 €).
Autour de la France
La FPA est présente dans plus de la moitié des Etats membres de l’Union Européenne, notamment en Allemagne et en Italie à une cinquantaine de kilomètres de la frontière française.
En Allemagne, le virus de la FPA a été détecté en septembre 2020 sur une laie à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les cas positifs sont relevés principalement dans la faune sauvage mais on détecte également quelques foyers domestiques (une dizaine en 2024). Les sangliers positifs retrouvés sur les 2 rives du Rhin sont très proches de la frontière française.
En Italie, les premiers cas de fièvre porcine africaine sur faune sauvage datent de janvier 2022. Plus de 1700 cas sur sangliers sont déclarés depuis le début de l’épidémie. En 2024, plus d’une trentaine de foyers domestiques ont été détectés. Par conséquent, dans les zones réglementées, les élevages qui ne respectaient pas les mesures de biosécurité, ont eu 15 jours pour se mettre en conformité après le contrôle par l’autorité compétente. Passé ce délai, les animaux étaient abattus et les élevages étaient fermés. De plus, ces élevages n’étaient pas indemnisés à la suite de l’abattage du troupeau. Plus de 40 000 porcs ont ainsi été abattus à l’été 2024.
En France, la surveillance est renforcée pour les pestes porcines en faune sauvage (réseau SAGIR) dans les départements de la Moselle et du Bas Rhin, frontaliers de l’Allemagne. Au sud, les départements des Alpes de Haute Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes Maritimes, de la Corse du Sud et de la Haute-Corse ont aussi renforcé cette surveillance avec la proximité des zones infectées en Italie.